Réflexion sur les réseaux sociaux (avec des morceaux de Google et de Facebook dedans)
A la veille de la semaine de l’annonce de Google et à l’heure où des noms comme Maka Maka semblent filtrer, je voudrais vous faire partager quelques réflexions sur le sujet des services de réseau social et sur les possibilités de Google dans ce domaine, tout cela épicé de mes attentes d’utilisateur en la matière.
- Indéniablement, Facebook a la côte en ce moment, et leurs statistiques laissent toute start-up rêveur.
Facebook est le réseau social du moment, où il est possible de rejoindre des amis, de créer des groupes, des applications, tout cela en partageant vos centres d’intérêt et différents éléments de votre vie avec ce qu’il est convenu d’appeler vos ‘friends’. Très bien, mais, initialement, il faut alimenter le tamagotchi (même si Facebook est capable de trouver vos amis via divers moyens très ingénieux) et là se trouve peut être une opportunité. Enfin, ils sont parmi les premiers à ouvrir le bal de la célèbre conférence LeWeb3 à venir… preuve d’une certaine, comment dit-on déjà, … autorité.
- Ensuite, et la question hante les esprits depuis un moment, Qu’est ce que les gars de Moutain View sont capables de pondre face à la concurrence ?
C’est vrai qu’il y a de quoi se creuser la tête pour les employés de Google qui travaillent sur un service pouvant tenir tête au puissant, tentaculaire et désormais bien installé Facebook…(et ses 5000 applications). Une phrase, prêtée à Google (tout du moins à l’un de ses employés) tournait ces temps ci : “Facebook est ouvert à 98%, Google sera ouvert à 100%”. Si l’on consulte la cartographie des services web 2 ci-dessus, faite par Darren Barrefoot on se rend compte que le réseau social n’est considéré à l’heure actuelle que comme un domaine supplémentaire, avec Facebook en étant un acteur. C’est intéressant mais à mon avis la segmentation actuelle par domaine des divers plateformes sociales est appelée à disparaitre. Le réseau social ne peut être qu’un domaine, il est le domaine, le support des informations de l’utilisateur, et doit les exploiter et les partager.
C’est là que Google a peut être une carte à jouer. Ils ont déjà les données de l’utilisateur, ses contacts (friends ?) à travers Gmail, ses rendez vous à travers Google Agenda, sa liste OPML de sites web avec Google Reader, ses photos avec Google Picasa (ok FlickR est mieux…), voire même ses documents avec Google Docs. Ces divers services se sont de plus en plus ouverts, sont de plus en plus ‘linkable’ entre eux, et forment à eux tous un véritable support de l’activité web de l’utilisateur avec oh, magie, un single sign-on, et des données que l’utilisateur peut s’approprier assez facilement.
Le web ne se destine pas aux plateformes mais aux utilisateurs, et en ce sens avoir un ‘répertoire’ central de ses données utilisé et alimenté par des applications externes est la voie qu’il faut prendre…cela laissant le plus de liberté à chacun des acteurs : utilisateur, développeur et aux réseaux en ayant besoin… S’il y a de la place à faire sur ce créneau pour Google, ce n’est pas dans la création d’un réseau social de plus, mais d’une plateforme sociale qui partage aux contacts de l’utilisateur de manière transparente et maitrîsée. Google devra ouvrir son API afin que chacun puisse venir développer des applications supplémentaires, au nombre de 5000 sur Facebook. Celles ci ne sont pas d’une importance capitale, mais elles renforcent le lien social entre les utilisateurs qu’il parait (et par là même l’utilisation du service)…
Je pense vraiment qu’il y a un véritable désir de la part des utilisateurs de posséder leurs données, et dans cet internet 2.0 il n’y a désormais aucune raison de devoir re-rentrer toutes ses informations sur chaque nouveau service utilisé. L’heure est à la convergence, au single sign-on, à un paradoxe entre partage rapide et appropriation de ses données pour l’utilisateur. Google pourrait créer ce service… et par là même endiguer l’engouement actuel pour Facebook.
Enfin, il me reste une question à laquelle je n’arrive pas à répondre :
- Comment déplacer un réseau de personnes d’une plate forme à une autre ?
J’ai cherché en long et en large dans un excellent livre de marketing, mais non décidément je n’ai pas trouvé de chapitre sur la manière de faire basculer un réseau d’utilisateurs d’une plate forme vers une autre… Je sais qu’on peut communiquer sur le fait qu’un service réponde mieux au besoin, voire créé un besoin n’étant pas satisfait par le service concurrent, mais quand même, faire basculer un réseau d’utilisateurs installés me parait, comment dire… difficile ! Mais je suppose que la force de frappe virale de Google saura s’attaquer au problème… En tout cas si leur service répond à mes attentes d’utilisateur, je saurai vous en reparler dans un prochain billet…
Et vous la nouvelle plateforme sociale de Google, vous la voyez comment ?
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November 4th, 2007 at 11:47 pm
Je sais pas s’il faut réelement "contrer" facebook. Je ne me suis pas inscrit sur facebook, mais je connais bien d’autres reseaux. Je pense que facebook passera de mode comme myspace commence à passer de mode. On en entend de moins en moins parler. De même pour second-life. Tous le monde disait que tous le monde serai sur 2nd life…
J’avais lu que sur le net, que tout se passait 7 fois plus vite par rapport à l’économie traditionnelle. Facebook grimpe rapidement, et il partira rapidement!
Lis cette article :
http://www.01net.com/editorial/3...
Facebook passera de mode et Microsoft aura gaspillé son argent…
Je vois plutôt les choses de ce point de vu là :
On aura vu Microsoft pousser IBM en touche. Google est en train de pousser Microsoft en touche… Vivement le prochain qui se chargera de Google :D. Je crois que ce n’est pas pour tout de suite.
Sinon comment je la vois l’évolution de Google? Je ne sais pas exactement, mais on est surexposé à l’information. Google ne doit surtout pas dévoilé des informations personnelles. Il doit éviter de trop jouer sur le fait qu’il a toutes les infos sur tout le monde, sinon il y aura beaucoup plus d’utilisateurs qui se plaindront.
Je verrai plutôt une solution pour se protéger de toute cette exposition. De la même manière qu’on peut bloquer des contacts sur msn, je verrai bien un filtre pour bloquer les appelles de VoIP, protéger sa vie personnelle etc… Demander à ce que certaines informations n’apparaissent pas dans la cache de google…
Peut-être dans quelques années, lorsque les skybloggeurs-like regretteront d’avoir un jour tenu un blog qui restera ad vitam eternam dans la cache de google
La prochaine guerre va se passer avec l’internet mobile. Google & co s’y préparent déjà.
November 5th, 2007 at 12:02 am
L’avantage avec les services de Google, de mon ressenti d’utilisateur exigeant, c’est qu’il y a une grande liberté laissée. On peut désactiver le module de Chat sous Gmail, on peut modifier l’enregistrement de ses recherches sous Google Web History… y’a pas mal de paramètres ajustables selon les préférences…
Quand je parlais de données que Google possède, évidemment, il ne faut pas y voir le fantasme (désolé c’est le mot) avec le poncif Big Brother récurrent mais plutôt les données que l’on choisit d’y mettre, dans le TamaGoogleChi. Du moment que l’utilisateur a le pouvoir de partager ce qu’il veut avec qui il veut, cela restera un avantage…
Que veulent les utilisateurs natifs ? Là est la question… Ownership, Freedom, Control, Transparency !
November 7th, 2007 at 4:46 am
Je trouve l’article fort intéressant, et les commentaires tout autant. Une vraie réflexion… Tout comme il a été souligné, google propose énormément de services (email, chat, calendar, groups, docs, photos, etc…) qu’il peut très bien mettre en place sous une interface plus "social networked". Sans trop changer nos habitudes, on aurait du tout en un. A condition bien sur de pouvoir choisir exactement ce qu’on partage ou pas. Pour en revenir au single sign-on (qui est une expression qui me rappelle beaucoup le "one click"), il y a une alternative à l’identifiant unique de google pour la concurrence : OpenID ;).
Enfin, comme je l’ai précisé sur un autre blog, après avoir vu l’émission de Marco sur M6 ce soir, je ne pense pas faire un facebook, c’est un must have qui s’essoufflera surement très vite, à la second life… un effet de mode qui deviendra très vite obsolète.
November 7th, 2007 at 7:39 am
Merci pour ton commentaire, je voudrais juste revenir sur l’effet buzz (supposé ou réel) concernant Facebook et Second life. Personnellement, autant Second Life ne répond à aucun besoin, autant pour Facebook il y a un côté intéressant dans son utilisation (on peut même l’utiliser afin qu’il ne remplisse que la fonction initiale de ‘facebook’, élargie toutefois à l’ensemble des réseaux ‘réels’).
Mais par contre, ces services me semblent être des paradigmes intéressants dans lesquels on piochera au moins quelques concepts pour construire les services du futur. Donc à défaut de devenir addicted, je vais y faire un tour parfois…