Faut-il faire confiance à Google ?

Disclaimer : Je fais suite à quelques discussions auxquelles j’ai participé ici et et quelques articles, constituant un buzz sur le web depuis la sortie de Google Chrome. A l’occasion des “dix ans” de Google et des “un an” de l’initiative Bill of rights for Users of the Social Web, il m’a semblé intéressant de réfléchir un peu à cette question.

Je tiens à préciser que je n’ai aucun intérêt chez Google, je suis juste un utilisateur de leurs services parmi tant d’autres (un “gros” utilisateur, sur certains services… :-) ). Si on doit chercher quelque raison qui me pousse à prendre leur défense dans cet article, il faudra plus s’orienter vers l’appréciation de ce qu’ils proposent et font pour le web et le fait d’aimer dépasser les suppositions.

Ainsi, le but de cet article n’est pas d’attirer les trolls pro ou anti Google, mais de passer rapidement des craintes aux enjeux, ce qui à mon sens permettra de relativiser les craintes. Et puis, je ne prétend pas avoir la réponse à toutes les craintes, posez vos questions à Google ou à certains Googlers si vous en avez. Je considère comme crainte, pour reprendre Wikipédia, “l’émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d’un danger ou encore à l’évocation ou la pensée du danger”. Par dessus tout, j’aime la liberté, et je n’entends me soumettre à aucune simplication protectrice (Charybde et Scylla vous connaissez ?), c’est d’ailleurs une de mes motivations principales concernant cet article.

Le sujet a donc le mérite d’être polémique, mais si vous regardez attentivement la question vous verrez qu’une partie de la réponse que je souhaite y apporter se trouve dans la question (d’ailleurs, pour ceux qui me connaissent bien, vous savez bien que le “il faut” / “il faut pas” est d’un ton un peu trop moralisateur pour que je le choisisse pour son sens premier). Mais partons des bases : Google est omniprésent sur le web, vient de réussir un lancement de produit qui ferait pallir d’envie les meilleurs services commerciaux (1% de part de marché en 1 journée), cumule un capital sympathie assez impressionnant à la fois chez les novices mais aussi chez de nombreux afficionados du web, dérange quelques intérêts souhaitant continuer le business à l’ancienne mais aussi ceux qui essaient de prendre un virage un peu tardivement, fournit des services généralement d’une bonne qualité dans des domaines de plus en plus divers et variés, et connait une excellente croissance sous tous les plans (mis à part celui de la croissance de la croissance, qui tend à se tasser).

Dois-je faire un paragraphe où je vous montre l’intérêt et le gain de confort et de temps à rechercher avec Google, à passer sous GMail, à utiliser Google Calendar, à travailler à plusieurs sur un Google Doc (pour des choses du genre projets universitaires faits à la dernière minute, respectant la loi de Parkinson), à utiliser Google Reader (export dynamique d’une blogroll, lecture sur mobile), Google Webmaster Tools… (et je n’en cite que quelques uns) ? J’ai également plein d’autres outils qui me servent et supportent mon activité web, et je n’hésiterai pas à partir de chez Google (possibilité de sortir les données sur tous les services que j’utilise) si d’autres services de meilleure qualité pointent leur nez, et si Google ne sait pas faire preuve de la réactivité qu’il a montré jusqu’ici en terme d’ajout de fonctionnalités.

Il est vrai que les services de Google couvrent un panel assez impressionnant de notre activité numérique, cette dernière n’étant qu’un support de notre vie réelle, contenant de vraies informations sur nous et sur les gens que nous connaissons. Est-ce pour cela qu’ils sont mauvais, critiquez plutôt le principe fondateur du web, qui met cela en avant… Ils ont un modèle d’entreprise innovant, qui marche et ils devraient se cantoner à une couverture de services minimaliste, alors qu’ils se sont fixés comme objectif de rendre disponible l’information dans le monde ?

Parfois je m’interroge à la suite de certaines diatribes anti-Google (de types vidéos super stylées), dont la qualité et la réalisation sont vraiment impressionnants… Cela amène la question de savoir s’il n’y a pas des lobbies puissants que Google dérange et qu’à défaut de pouvoir le concurrencer sur son terrain, la tactique soit d’entretenir les suspicions et d’alimenter les rumeurs non fondées. Quitte à entretenir les craintes via un réseau de personnes sensibles à ces dérives potentielles, utilisées malgré elles dans une bataille de géants. Je précise que je suppose, et qu’en tant que supposition ça pèse donc pas lourd :) . La particularité d’une rumeur non fondée, c’est qu’il est difficile de la démonter, puisque chaque tentative dans ce sens est systématiquement vue comme manoeuvre d’enfumage par les détracteurs.

Comme je le dis souvent, le web a ceci de fabuleux qu’il est réactif, concurrentiel, démocratique et de plus en plus transparent. Chaque utilisateur a la capacité de choisir, en ayant pour information le filtre de connaissances qu’il a choisi d’appliquer sur cette gigantesque masse d’information. Il y en aura qui auront un avis plus pertinent que d’autres, mais il faut rapporter cela à leur utilisation. Les époques de croyance aveugle dans les grands endoctrinements lissant les choix de chacun sont terminées (voir à ce sujet l’excellent livre de Francis Pisani et de Dominique Piotet, Comment le web change le monde ), nous vivons à une époque d’affirmation de l’individualité avec ses préférences et ses particularités. Mais je m’évade, je m’évade…

Tout le monde n’est pas doté d’une self-esteem importante ni d’un QI du côté droit de la courbe gaussienne mais le web incite à relativiser, à confronter, et si Google abusent ils verront leur nombre d’utilisateurs diminuer. Et leurs revenus aussi. Et donc ils changeront de stratégie. Pas plus compliqué. Par ailleurs je ne connais personne qui utilise tous les services de Google, aussi bien dans mes connaissances « geeks » que chez « le reste des mortels ». Tout le monde se compose sa sauce…

Ainsi, pour moi la meilleure garantie que Google ne soit pas “evil”, ce n’est pas seulement que cela soit un de leurs principes fondateurs mais surtout le fait que cette entreprise fasse 99% de son chiffre d’affaires grâce à la pub (donc grace à la popularité) et que rien ne reste caché bien longtemps sur le web aujourd’hui. C’est ma meilleure garantie. L’envie dusse-t-elle leur prendre, ils ne pourront pas jouer avec nos données, ceci serait bien trop risqué pour leur activité et les ferait tomber dans une spirale de décroissance dont ils sortiraient bien affaiblis. Voilà pour le garde fou qui me permet d’utiliser sereinement ce dont j’ai envie. Avec la même logique, je suis beaucoup plus circonspect sur l’utilisation potentielle de nos données que pourraient faire certains services qui débutent et qui prennent donc moins de risque au niveau de la réputation (ceci toujours avec le pré-supposé non démontré que l’exploitation des données personnelles est une vraie mine d’or).

Enfin, je doute qu’il soit si facile avec les données aggrégées de « profiler » un utilisateur et d’en tirer avantage, ceci outrepassant sa volonté… Dans mon entreprise je fais partie d’une communauté interne qui s’efforce de propulser les outils collaboratifs… si le gain en connaissances des employés était potentiellement si important, on aurait aucun mal à vendre ces usages aux entités dirigeantes de la compagnie alors que tous nos services sont aggrégés sous un SSO… il faut constamment apporter des preuves de l’intérêt business, alors arrêtons les fantasmes intellectuels hein. :)

J’utilise les services qui me plaisent, mes données résident généralement dans les nuages, fussent-ils fournis par Google ou non. Lorsque je choisis Google cela est du à la qualité de leur services, à leur écoute des besoins et envies des utilisateurs, possédant une bonne disponibilité, et innovants. Quand aux conditions entourant ceux-ci, notamment concernant Chrome, Google s’en est expliqué récemment. Après on les croit ou pas, chacun fait son choix. Concernant les pubs de Google, générés en fonction du contenu ou non, je dois dire qu’elles sont loin d’être irrésistibles, je clique dessus avec un intérêt réel très rarement (je ne vais pas le dire trop fort mais ce que je fais fréquemment c’est cliquer dessus pour fermer la page en question quelques secondes après [mais chut hein] c’est juste histoire que je rapporte un peu d’argent à Google pour leur service…).

Ce qu’il fallait lire comme titre était donc “Est-il nécessaire de pouvoir faire confiance à Google ?” et à mon sens la réponse est non (à la question modifiée hein…). Pour tous ceux qui sont des bidouilleurs, n’hésitez pas à vous poser des questions, à disséquer les services de Google (les produits à installer sont Open Source hein, pas comme d’autres), et à partager ce que vous y trouverez. Pour ceux qui préfèrent vivrent dans la paranoia, utilisez ce qui rentre dans ce cadre étroit et n’imposez pas vos choix à autrui, que ce soit directement ou en vous érigeant en dernier rempart du monde libre (alors que vous proposez une alternative réellement liberticide).

Maintenant, je respecte le point de vue et la liberté de chacun, et je me garderai bien de vous affirmer que ce que j’ai exposé ici serve d’exemple à suivre. Réfléchissez en croisant le maximum de sources d’information et faites vos propres choix, utilisez ce qui vous apporte, sans vous arrêter au nom du fournisseur qui le propose. Nul doute que cela et l’environnement concurentiel contribueront à un web plus transparent, plus tourné vers l’utilisateur et ses droits.

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LeWeb3 2007 - Conference Web 2.0 : the Dark Side

This conference, Web 2.0 : the dark side, was the first of day one of LeWeb3 2007, was held by Laurent Haug (Lift Conference) with Dan Rose (Facebook), Michel Jaccard (Attorney), Jaewoong Lee (Daum Communications), Chris Alden (SixApart). Here i share with you some “quotes” and thoughts concerning conferences of day 1.

The internet is just another form of human expression, dislocation when people can speak quicker and in a spread way not seen before. When people think that they can exhange with others on things, and that they want to engage, they find it important to have an identity. The more people are investing time online, the most they want to invest in their online identities.

Because of UGC, information don’t have to be centralised anymore. Identity must be understood by the user and not controlled. On the behaviour, Facebook is no value service except what people are putting in it. Friendship connections made everything, relation on facebook are based on real world. The true world is just replicated the best on an online service. Giving control to the users over their information is the solution. How far can you go in looking at the user profile in order to suggest him products ?

90% of user content is crap, but some say that 99% of TV is crap too. Does social web crap the internet content ? Is internet publishing, that is the question… maybe not because internet is a living space, not a publish place. What’s crap to some people is interesting to others. The social web has enhanced the web, products reviews for example. But is the review to be trusted, that is the question, because we don’t know the guy. Now with social media, the reviews of my friend come first, what my friends are buying come first, and this is replicating nothing but the reality.

I really think that there is still power, ownership and responsability to be given by services to users. Identity on the web is not a little subject of course, but to my opinion, must be seen as the extension of the identity on the tangible (i even don’t like to use this word) world. About the quality of the information, i would also say let the users evaluate, and then you’ll stay out of crap.

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Où va le web ?

On peut se poser la question, au vu des changements dans l’utilisation au jour le jour, mais également dans la profusion d’offres estampillées “Web 2.0″, vous connectant à ce qu’il est convenu d’appeler un “réseau social” (de plus).

Le web est effectivement entré dans une nouvelle phase, où globalement, l’on peut dire que l’information est désormais produite par les utilisateurs. Tout un chacun peut désormais contribuer à l’information que l’on trouve sur internet. De celà, il ressort plusieurs éléments à réfléchir :

  • Trop d’information est disponible, et d’ailleurs cela fait maintenant 1 ou 2 ans que l’on est habitué à aller chercher dans les pages de résultats supérieures à 1, avant la première page était suffisante.
  • L’utilisateur se retrouve de plus en plus placé “au centre”, ayant de plus en plus la possibilité d’évaluer une quantité d’informations.
  • La notion de “réseau social” implique que l’utilisateur a plus confiance dans ces personnes qu’en une autre source d’information.

Je pense que nous n’en sommes qu’aux débuts, car si l’on est passé d’une période où chaque site diffusait sa propre information sur son propre espace, à la phase actuelle où chaque site diffuse l’information de ses utilisateurs toujours sur son propre espace (même si quelques API sont utilisables), on peut tout à fait imaginer que prochainement, chaque site proposera un service à des utilisateurs sur leur espace personnel, couplé à différents réseaux de divers domaines. Les API qui apparaissent sont de plus en plus exploitables, et elles offrent de plus en plus de fonctionnalités, et celles-ci sont révélateurs d’une tendance…

Ainsi, dans un avenir assez proche, l’utilisateur pourrait évoluer sous une interface entièrement personnalisée, et se retrouverait ainsi dans un univers à son image, où les interractions seront facilités, sans avoir à “se rendre” sur une plateforme donnée. L’univers dans lequel il sera ainsi plongé sera plus aisément controlable, à la fois gràce aux périphériques d’entrée / sortie, qui seront plus étoffés, mais cela ne reste qu’un détail au fond, au regard des changements plus profonds qui auront eu lieu dans le fonctionnement, même si le clavier/souris sera aisément dépassé.

Quelques sujets devraient à mon sens être des points de repère de l’évolution future du web, car ce sont des éléments manquants à l’heure actuelle :

  • Single sign on :

Une identification unique serait vraiment nécessaire, au delà de l’aspect pratique, mais cela peut être englobé dans la notion d’espace personnel dans lequel viendront se greffer les composants des domaines choisis

  • Pertinence de l’information :

Il y a actuellement beaucoup trop d’information sur internet, et la plupart ne sont souvent que des echos d’une information initiale. D’un autre côté, on ne peut imaginer un moyen d’évaluation qui ne se situe plus dans le fonctionnement collaboratif, l’information vue par mes amis étant plus importante que celle vu par les canaux traditionnels d’information ou ‘d’évaluation’ pour ce coup-ci.

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