Interview de Pierre Olivier Carles pour mon mémoire de fin d’études (1/2)
Voici le transcript de l’interview que j’ai faite de Pierre Olivier Carles, dans le cadre de mon mémoire de Master MIAGE, hé oui nous arrivons à la fin. Merci à lui de m’avoir accordé de son temps, j’ai passé un excellent moment.
Timothée : Bonjour, dans le cadre de mon mémoire de fin d’études sur les usages à retirer du web pour l’entreprise, et je voulais de recueillir tes impressions sur ce phénomène et sur son influence. Peux tu te présenter ?
Pierre Olivier : Je suis principalement un entrepreneur. Je lance des entreprises principalement dans le domaine internet au sens très très large, surtout par passion. Depuis que je travaille, je suis dans l’internet. J’ai créé ma première entreprise alors que j’étais encore étudiant, et je n’ai jamais quitté le sérail. La plupart du temps, les entreprises auxquelles je contribue sont des entreprises de services aux grands comptes, aux grandes entreprises, et l’idée, depuis le début, est de les aider à mieux appréhender internet et ce qui gravite autour, à savoir les mondes virtuels, les réseaux sociaux, et à les intégrer au mieux de leur stratégie et avec cohérence. En gros : Comment leur apporter de la valeur avec les nouvelles technologies ?
Timothée : Pour toi , même si le terme est un peu passé de mode maintenant, qu’est ce que représente le terme web2.0 ?
Pierre Olivier : Le terme n’est pas passé de mode du tout, il est passé de mode pour les geeks ou les early adopters, mais quand on en parle aux gens, j’allais dire chez les gens « normaux », ou du moins ceux qui sont au rythme « normal », il est tout à fait d’actualité. D’ailleurs, le Web 2.0, ce n’est pas que une évolution que du web, c’est une évolution d’internet au niveau des usages. On est passé sur un mode qui est moins passif ou qui est moins unilatéral. En fait, on est passé d’un web qui était « 1.0 », qui allait du web vers l’internaute ou vers l’utilisateur à un Web véhiculant l’information pour ce qu’elle est et non pas à qui elle est destinée. C’est le sens de l’information qui a donc changé. On est partis du web vers les gens et maintenant nous avons une information qui va dans tous les sens. La façon de canaliser l’information a changé.
Timothée : Comment as tu découvert cette tendance ?
Pierre Olivier : Le point le plus représentatif est le UGC, parce que finalement, l’évolution du Web, c’est principalement cela. Je l’ai découvert lorsque les blogs sont apparus. Au tout début, il y avait des sites personnels, mais la complexité technique faisait que c’était réservé à une élite informatique, ou du moins à des bons bricoleurs. La vraie tendance, en fait, est apparue avec les blogs pour moi, c’est là que l’on a commencé à publier du contenu et il y a eu une espèce de vague qui est arrivée, où des services comme FlickR sont apprus, des services comme Youtube sont apparus, plus ou moins évoluées à l’époque… Pour moi, ce sont vraiment les blogs qui ont tout déclenché, quand des milliers de personnes ont commencé à publier du contenu et où le volume d’information disponible a explosé sur internet.
Timothée : Que penses tu de la surabondance actuelle de produits et services qui gravitent à l’heure actuelle autour de ces notions web 2.0, et comment différencier les technologies du web 2.0 ?
Pierre Olivier : En fait, cette surabondance de services, c’est une sorte de mal nécessaire. Il y a des années, lorsqu’on faisait de la Recherche et Développement en informatique, on mettait les gens dans des salles blanches, en scaphandre. Aujourd’hui, c’est un peu plus détendu et pragmatique. Cette surabondance de services, née de la surabondance de “chercheurs”, créé les usages de demain. On va prendre un exemple tout simple avec Twitter. Il n’y a pas un investisseur qui aurait mis de l’argent sur un service comme ça il y a quelques années. Aujourd’hui, il n’y a toujours pas de business model clairement défini et pourtant, c’est un succès incroyable. Ce service est très addictif et apporte énormément de valeur aux utilisateurs. Il n’y a plus qu’à trouver un business model pour le rentabiliser. S’il n’y a pas cette surabondance d’usages et de services, tu ne fabriques pas les générations suivantes de produits à forte valeur ajoutée. Il a fallu des dizaines et des dizaines de sites de partage de photos pour finalement FlickR émerge et devienne le leader. FlickR en ouvrant ses API, a tiré derrière lui des milliers d’autres services, qui fabriquent les nouveaux produits et services de demain.
Timothée : Ce modèle peut-il être reproduit en entreprise ?
Pierre Olivier : Cela dépend clairement du métier que l’on fait. Aujourd’hui, on est en train de refondre ce qu’était une entreprise. Avant, il y a avait des départements clairement cloisonnés. L’information étant de plus en plus mobile, la valeur se fait aujourd’hui sur sa maitrise. Peu importe qui émet l’information au sein de l’organisation, l’important est que l’entreprise puisse l’utiliser au mieux pour interragir avec son environnement.
La qualité des informations est très relative à l’identité des personnes qui les émettent. Si demain, je publie une note sur internet avec mon identité portant sur la parapente, je ne suis absolument pas crédible, je n’ai jamais vu un parapente en vrai. Si par contre, je parle des usages de Second Life en entreprise, d’un coup, je suis un peu plus crédible. En effet, je suis sur un terrain sur lequel j’ai une certaine expérience et expertise. Ceci transposé dans le monde de l’entreprise, lorsqu’une personne, spécialiste du marketing sur un thème particulier, va émettre un avis sur ce thème-là, il va être plus crédible que le financiers qui va faire pareil. Par contre, quand il va falloir monter le business plan, le financier va être plus pertinent. Donc, si l’entreprise met en place les moyens pour les faire travailler ensemble, simplement et le temps du projet, elle va constituer une équipe temporaire très performante. L’enjeu est d’arriver à le faire avec des personnes qui ont déjà une action sur plusieurs autres projets et qui doivent en plus travailler à distance et parfois, sur des fuseaux horaires différents. Ce qui est passionnant, c’est que les générations qui arrivent sur le marché du travail aujourd’hui fonctionnent déjà comme cela dans leur sphère personnelle. Elles seront donc tout à fait à l’aise avec ce type d’organisation dans l’entreprise.
Timothée : Y a t-il des services typiquement « web 2.0 » qui t’aident dans ta vie de tous les jours ? Lesquels et pour quels usages ?
Pierre Olivier : Je peux en citer une dizaine, j’en ai parlé récemment sur un article de mon blog .
La suite de l’interview (plus orientée utilisation en entreprise) d’ici la fin de semaine.
Tags: collaboration, entreprise2.0, interview, réseaux-sociaux, web, web2.0 Posted in







